Pourquoi les Sans-Abris ?

Merci Mac Donald. L’idée m’est venue pendant un séjour à Dublin. Lorsque l’on ne maîtrise pas la langue, il est plus facile de tabler sur une valeur sure. Bref, après avoir enjambé les dix SDF dormant dans le boulevard le plus « populaire » de Dublin, O’ Connell Street, j’étais enfin arrivé au temple du hamburger. J’y commande mon menu habituel mais cette fois, Mac Donald me propose un « big mac » pour un euro de plus. Est-ce que j’en avais besoin ? Non. D’ailleurs, je ne l’ai pas fini. Magie du marketing cet euro ira fournir le compte d’une multinationale et je n’y vois aucun inconvénient. Puis, je suis sortie et ai fait semblant de ne pas regarder le SDF longeant la vitre du fast-food comme 100% des personnes qui ont quitté ce restaurant.

O'Connel Street Dublin

J’ai culpabilisé, je me suis senti nul comme à chaque fois et je me suis consolé en me disant que de toute manière j’étais étudiant, je n’avais donc pas les moyens de sauver la misère du monde comme 100% des personnes qui sont sorties de ce restaurant. Puis j’ai pensé à ce « big mac » à un euro qui ne m’avait servi absolument à rien, l’argent n’aurait-il pas été plus profitable à ce SDF plutôt qu’aux actionnaires de Mac Donald ? Et si les 1000 personnes dans la journée qui avait pris cette offre avaient donné leur euro à ce SDF devant la vitrine ? J’étais en colère contre Mac Donald d’avoir pris cet euro de ma poche.

  • Pour autant, est-ce que j’allais arrêter de manger là-bas ? Non.
  • Est-ce que j’allais encore prendre l’offre à un euro la prochaine fois ? Oui.
  • Est-ce que ce SDF allait rester SDF et me faire voir tous les jours à quel point je suis égoïste ? Oui, certainement.
  • En clair, est-ce que j’allais changer mes habitudes ? Surement pas.

Sans domicile fixe dehors

C’est là que j’ai remis en cause la responsabilité des entreprises. Et si un fast-food proposait les mêmes avantages que Mac Donald avec cette même offre à un euro mais qu’il s’engageait personnellement à reverser cet euro au SDF devant sa vitrine, est-ce que cela changerait mes habitudes ? Oui. Imaginez, « pour chaque big mac acheté, un euro sera reversé aux SDF ». Tous mes amis ont adhéré à l’idée et m’ont indiqué qu’ils seraient même clients réguliers. Mais selon eux, je devais me faire à l’idée de n’être qu’un utopiste. « Quel patron serait assez fou pour donner une partie de son argent à des SDF ? Eux qui se plaignent déjà de payer trop d’impôt…»

Remplacez les Big Mac par des vêtements et vous aurez Fraterline.